Je me réveille en sursaut, le coeur serré, les larmes aux bords des yeux. Je regarde fixement le plafond, j'arrive pas à détourner les yeux de ce qui me paraît être l'innateignable. Mais où es-tu, pourquoi n'es-tu pas là ? La respiration saccadée, j'essaye, avec des gestes lents, de me remettre debout. En vain. Mon corps ne me porte plus, je m'écroule. Mes yeux me brûlent, j'ai envie de hurler, de crier combien je souffre, mais les mots forment une énorme boule dans ma gorge. Je pense au passé, resté si longtemps enfouit en moi. Soudain, je commence à avoir peur, peur de tous ces bruits étranges qui m'entourent. Le plancher qui craque, les bruits de pas, à l'intérieur des murs, le vent, qui souffle sous les tuiles, les arbres, au dehors, et leurs feuilles, qui font retentir un vacarme assourdissant dans le néant qui m'entoure, néant nommé "solitude". J'aurais besoin de me levé, mettre un fond musical, quelque chose qui m'endorme, qui me fasse oublier les pensées sordides qui me traversent l'esprit. Les larmes jaillissent enfin, la boule que j'ai dans la gorge se délie. Je veux regarder l'heure, mais les gouttes salées qui coulent sur mon visage pour finirent sur mes lèvres brouillent ma vue. Je distingue, sans certitude : 4h33. Une cigarette, j'ai besoin d'une clope. Mais j'n'en ai pas. J'ai besoin de nicotine, pour pouvoir respirer, pour me calmer. Mon corps se cambre, j'ai l'impression que ma tête va exploser. Il faut que je pense à autre chose. J'imagine, et j'essaye de rêver.
Evanescence dans les oreilles, je me demande quelle sera ma vie dans quelques années. A vrai dire, sera-t-elle ?